Vous n’avez jamais compris la notion de l’ISO invariant ? Vous souhaitez savoir à quoi ça correspond, et surtout, si c’est vraiment utile pour choisir votre appareil photo hybride ? Les appareils Fujifilm et Sony ont des capteurs dits « ISO Invariant », mais rassurez-vous : derrière ce terme bien compliqué, le concept est finalement assez simple. Je vous explique tout ! 

La vidéo pour tout comprendre sur cette notion

L’ISO invariant, c’est quoi ? 

Les boîtiers Fujifilm et Sony ont une particularité : le capteur est ISO invariant. Cette notion  compliquée n’est pas vraiment utile pour progresser en photo, mais c’est toujours intéressant de savoir ce que c’est précisément ! 

D’ailleurs, quand vous voulez acheter un appareil photo, vous allez en général vous renseigner sur Photons to Photo. Ce site est une sorte de laboratoire très précis, qui va mesurer les différents paramètres d’un capteur. 

Paramètres et courbe ISO

Par exemple, voici la courbe des ISO chez Sony et chez Fujifilm. On voit que le bruit descend à ISO 800 et ISO 600 sur le Fujifilm. 

Avec le Sony A7 III, la courbe indique un niveau de bruit de 2 à ISO 500, mais moins de bruit à ISO 640. 

Attention, ne tombez pas dans le piège ! L’erreur à ne pas faire, c’est de penser que cette différence de bruit sera visible sur la photo. Et oui, si vous prenez une photo à ISO 500 et une autre photo à ISO 640, vous verrez qu’il y aura tout de même plus de bruit sur la photo à ISO 640 qu’à 500. L’ISO invariant, ce n’est pas ça ! 


Voici une explication simple et précise : le capteur est ISO invariant à partir d’un certain point. Si vous regardez la courbe, vous pouvez voir qu’il y a effectivement 2 piliers. Chez Sony en l’occurrence, l’ISO invariant démarre à ISO 640, alors que chez Fujifilm, ça sera à ISO 800. Pour faire simple, vous aurez la qualité d’un capteur invariant à partir de ces stades d’ISO, et pas en-dessous. 

À quoi sert l’ISO invariant ? 

Maintenant que vous avez compris ce que c’était, vous devez probablement vous demander à quoi ça peut bien servir concrètement en photo. 

En fait, grâce à l’ISO invariant, vous avez la possibilité de sous-exposer une image et de pouvoir ensuite corriger l’exposition en post-traitement sur l’ordinateur. Vous n’aurez alors pas de dégradation de la qualité de votre image, et le résultat sera semblable à ce que vous auriez pu obtenir directement avec votre hybride. Voici un petit exemple : 

Analyse qualité ISO invariant

Photo bien exposée à ISO 12 800

Différence ISO invariant

Photo sous-exposée à ISO 640

 

 

 

 

 

À gauche, vous avez une photo bien exposée, prise à ISO 12 800. À droite, la même photo à ISO 640. Comme on peut le voir, elle est ratée et complètement sombre. 

Mais avec l’ISO invariant, on va pouvoir l’exposer correctement en post-traitement, puis modifier la balance des blancs pour réajuster la couleur d’origine. 

ISO Invariant après post-traitement

ISO 12 800 à gauche et ISO 640 à droite après post-traitement

Voilà le résultat final : on a la même exposition sur les deux photos, alors que l’une est à ISO 12 800, et l’autre à ISO 640. Si on compare la qualité, on peut voir que c’est la même et que l’image n’a pas été dégradée. Même en sous-exposant de 4 stops, la photo n’est pas complètement ratée ! 

Analyse du bruit avec changement ISO

En zoomant, on voit que le niveau de bruit est le même. Comme j’ai zoomé à 800 %, on peut voir légèrement plus de bruit sur la photo sur-exposée, mais la différence est vraiment très subtile. À l’œil nu, sans zoomer, c’est quasiment imperceptible. 

Finalement, j’ai réussi à sauver ma photo et c’est ça l’ISO invariant, rien de plus compliqué ! 

Les limites de cette fonctionnalité  

Pour autant, cette fonctionnalité ne vous permet pas de sauver toutes les photos. Par exemple, avec une photo à ISO 500 sur le Sony A7 III, ce n’est pas du tout la même chose et c’est difficile de récupérer une bonne qualité. 

Comme l’appareil Sony n’est pas encore en ISO Invariant à ce stade (uniquement à partir d’ISO 640), le résultat ne sera pas du tout le même que sur l’exemple précédent. 

Comparatif bruit à ISO 500

À gauche ISO 640 et à droite ISO 500

À ISO 500, le bruit est beaucoup plus présent et l’image s’est dégradée avec la réexposition. Sans l’ISO invariant, on perd cette propriété qui nous permet de conserver la qualité de l’image tout en la sur-exposant. 

Ce qu’il faut retenir sur les capteurs à ISO invariant

Pour faire simple, si vous ne deviez retenir qu’une chose : l’ISO invariant c’est la possibilité de récupérer une photo sombre qui est ratée. 

Par exemple, si vous vous trompez dans l’exposition au moment de prendre votre photo, vous pourrez facilement la récupérer en post-traitement sur votre ordinateur. Par contre, sur les capteurs qui ne sont pas invariants, c’est une vraie boucherie et les images sont absolument irrécupérables ! Vous allez avoir une dégradation importante de votre photo  si vous cherchez à la surexposer.
Ce qui est certain, c’est que cette notion n’est pas forcément très utile pour réussir ses photos, mais c’est une bouée de secours en cas de photo loupée. 

 

N’hésitez pas à me dire en commentaire si vous avez tout compris et si cette petite explication vous a aidé ! 

Pour les débutants chez Fujifilm, je vous laisse découvrir mon guide avec 12 conseils pour vous aider à bien démarrer en photo.