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Test complet Fujifilm X-H2s : ses défauts et ses qualités

test XH2s

Table des matières

Après plus de 10 jours de test sur le terrain en compagnie du Fujifilm X-H2s, il est temps de faire le point ! 40 000 photos, des heures de vidéo à la réserve africaine du Sigean, des environnements complexes (cirque, Camargue, concert, etc.)… On a tout ce qu’il faut pour mesurer le potentiel de cette nouvelle génération d’hybride Fujifilm. De la qualité des RAW en passant par la montée en ISO, l’autofocus, le tracking et la qualité de la 4K, tout est passé en revue dans ce test du Fujifilm X-H2s

Un grand merci à Fujifilm France pour leur confiance et le prêt de l’appareil dès sa sortie ! 

Quelles évolutions pour ce Fujifilm X-H2s ? 

Capteur empilé 

L’énorme nouveauté de ce X-H2s, c’est bien son capteur empilé. Une première chez Fujifilm ! Un capteur empilé, c’est la technologie de capteur la plus haut de gamme qu’il existe sur le marché. Son avantage ? Elle vous offre une rafale très rapide et un rolling shutter minimum. Vous pouvez donc utiliser l’obturateur électronique n’importe quand, sans craindre des déformations ou des problèmes d’éclairage. 

Le viseur profite également du capteur empilé. En plus d’être très confortable, la visée est super agréable grâce à son rafraîchissement sans voile noir. Lorsque vous suivez un sujet, vous avez la même sensation qu’avec un reflex, c’est beaucoup plus sympa !

La qualité du capteur n’a pas changé, il offre toujours 26 Mpx et une qualité d’image similaire au X-T4. En revanche, la dynamique m’a semblé un poil meilleure que sur le X-T4. 

Finalement, c’est la meilleure dynamique possible sur un capteur APS-C. Le capteur du X-T4 ou du X-H2s ont la même dynamique qu’un capteur plein format style Canon R6, avec une dynamique supérieure aux capteurs entrée de gamme comme le Canon RP. Pour l’instant, personne ne propose mieux sur un capteur APS-C

Autofocus dernière génération 

Fujifilm a bossé à fond sur l’autofocus et les performances sont au rendez-vous ! En photo, je trouve que Fujifilm a vraiment tordu le cou à ses anciens démons. C’est le jour et la nuit entre un X-T4 et un X-H2s. Mon seul regret, c’est que l’interface des menus n’a pas évolué et qu’on ne peut toujours pas choisir la taille ou le suivi du collimateur. 

Mais pour le reste, tout y est ! Le X-H2s propose maintenant la détection des sujets (humain, animaux, oiseaux, vélo, véhicules…), ça fonctionne très bien. Et ce n’est pas comme sur d’autres capteurs empilés où l’AF passe d’un sujet à l’autre. Avec ce X-H2s, le suivi est fiable et rapide, y compris sur des sujets lointains (là où Canon et Sony ont du mal). 

Comme sur le Sony A7, ce Fujifilm X-H2s inaugure le realtime tracking. Cette technologie permet de passer naturellement de la détection de l’œil à la détection du visage, dans un enchaînement fluide sans jamais perdre la cible. Fujifilm offre un niveau de détection parfaitement comparable à ce que Sony, Canon ou Nikon peuvent proposer. Il n’y a rien à leur envier ! 

Concernant la mise au point, les résultats obtenus sont dans la moyenne : sur une rafale, on obtient entre 80 à 85 % de photos nettes, soit 15 à 20 % de déchets. La rafale n’est pas 100 % parfaite, mais le boîtier produit tout de même 40 i/s

Avec ça, vous aurez toujours une bonne photo dans le lot ! Il faut juste faire abstraction des photos floues qui polluent régulièrement la rafale. Elles sont dues à un moment d’hésitation de l’appareil qui va faire la mise au point dans le fond, je ne sais pas trop pourquoi… Ce qui est sûr, c’est que Fujifilm va pouvoir régler ce problème avec une mise à jour ! 

Pour aller plus loin : voici une vidéo dédiée à l’autofocus du X-H2s.

En bref, un fossé énorme s’est creusé entre l’autofocus du X-T4 et celui du X-H2s. Cette dernière génération a tout ce qu’il faut : suivi, tracking, mise au point, viseur confortable… Les performances autofocus du Fujifilm X-H2s sont désormais au même niveau qu’un Nikon Z9. Fujifilm intègre enfin le groupe des leaders du marché de la photo ! 

Plus de pompage en basse luminosité 

L’autre domaine dans lequel il y a une énorme évolution, c’est la basse lumière. Lorsque j’ai fait les mêmes tests avec mon X-T4, il ne détectait plus rien et il avait du mal à faire la mise au point et avait beaucoup de pompage. 

Avec le X-H2s, aucun problème ! Il se comporte comme si de rien n’était et la différence avec le X-T4 est vraiment flagrante. 

Buffer quasi inépuisable 

L’autre point fort du boîtier, c’est la possibilité de mettre une carte CF-Express. Grâce à ça, vous profitez d’un buffer conséquent qui devient très difficile à remplir. 

Colorimétrie améliorée 

On reprochait à la colorimétrie du X-T4 de tirer un peu trop vers le rouge, mais Fujifilm a corrigé ce défaut avec le X-H2s. Les teints de peaux sont désormais beaucoup moins rouges ! 

Ce que j’ai moins aimé sur le Fujifilm X-H2s 

Comme tous les appareils photo, le X-H2s a aussi des défauts. Les voici ! 

L’ergonomie 

L’une de mes plus grosses déceptions avec ce X-H2s, c’est l’ergonomie. Le boîtier est beaucoup trop simpliste. Pourtant, les autres boîtiers haut de gamme comme le Nikon Z9, le Canon R3 ou le Sony A1 possèdent énormément de boutons et de molettes… 

Avec ce Fujifilm X-H2, on dit adieu à : 

  • La molette pour choisir le mode de prise de vue ;
  • La molette pour sélectionner le mode autofocus
  • Les molettes cliquables qui permettent de faire un zoom dans l’image ; 
  • Le switch photo/vidéo afin d’utiliser les modes PASM en photo ou en vidéo ; 
  • La molette de correction d’exposition

Un peu dommage qu’il n’y a ait pas tout ça. Je regrette l’excellent X-T4… Si Fujifilm avait gardé la même ergonomie que sur le X-T4 mais version PASM, ça aurait été parfait ! 

A contrario, le viseur brille beaucoup plus ! 5,76 millions de points, grossissement important, rafraîchissement de 120 i/s… Très lumineux et confortable, on se plaît à mettre l’œil dedans. 

Malgré tout, le reste du boîtier parait un peu standard pour une ambition si haut de gamme ! 

Pas de couverture de capteur 

Le Fujifilm X-H2s ne couvre pas le capteur pour le protéger des poussières. Grosse déception ! Tous les autres constructeurs le font, pourquoi Fujifilm n’a pas encore passé le cap ? 

Menus qui n’évoluent pas 

Avec la sortie du X-H2s, on pouvait s’attendre à ce que Fujifilm en profite pour faire évoluer les menus. Eh bien non ! Ils sont quasiment identiques à ce qu’on retrouve sur le X-T4 : les mêmes forces et les mêmes faiblesses. 

Alors attention, je ne dis pas que ce sont de mauvais menus. Je les trouve très bien pensés et faciles à prendre en main, mais je peste juste contre certaines limitations : 

  • Vitesse minimale des ISO auto est toujours limitée à 1/500e.
  • Menus qui ne sont pas tactiles. 

Dommage pour une nouvelle génération de boîtier… 

Ce que j’ai aimé sur le Fujifilm X-H2s 

Allez, passons au positif, parce que X-H2s a tout de même beaucoup de points forts !

Redécouverte des objectifs 

On l’a vu plus haut, l’autofocus du X-H2s est une excellente surprise. Malgré tout, la qualité de l’AF ne dépend pas que du boîtier : les objectifs ont aussi leur rôle à jouer. 

Pour faire simple, si vous voulez un objectif avec un moteur AF réactif, il faut prendre des objectifs avec un moteur LM (vous le verrez dans le nom de l’objectif). Avec ce type de moteur, on tourne en moyenne autour de 15 à 20 % de déchets. Avec les autres imagines, ça peut monter jusqu’à 30 ou 40 %. Mais j’ai quand même été surpris, l’objectif n’est jamais perdu à 100 % ! 

Par exemple, j’ai beaucoup apprécié le Fujifilm XF 56mm f1.2. Mine de rien, en gardant 60 % de photos nettes à 40 i/s, ça vous fait quand même 24 i/s qui sont nettes, même au plus dur en étant proche du sujet. 

Résultat, je me suis retrouvé à utiliser de plus en plus mon XF 56mm f1.2 que j’adore et j’obtenais des photos parfaitement décentes avec ce X-H2s. Sur le X-T4 avec le même objectif, c’était quasiment impossible d’avoir des photos nettes sur de la photo d’action. 

Ça fait une grosse différence et je prends vraiment plaisir à redécouvrir mes objectifs !  

Utilisation de l’obturateur électronique en continu 

Qui dit capteur empilé, dit rolling shutter au top, et donc réduction des déformations liées à l’obturateur électronique. Fujifilm n’a jamais été aussi proche des leaders du marché : le rolling shutter du X-H2s est bien meilleur que celui du Sony A9. 

Concrètement, vous allez pouvoir utiliser l’obturateur électronique dans toutes les situations. Je n’ai d’ailleurs jamais utilisé l’obturateur mécanique lors du test du X-H2s. 

L’obturateur électronique n’a que des avantages : 

  • ultra silencieux,  
  • pas de voile noir, 
  • rafale rapide. 

Un mode vidéo ultra complet 

Ce Fujifilm X-H2s inaugure beaucoup de nouveautés sur la partie vidéo : 

  • Qualité 4K 25 FPS et 4K 50 FPS oversamplée, sans crop ni surchauffe. La progression est énorme face au X-T4 ! 
  • Aucun témoin de surchauffe, même après 2 h de vidéo. 
  • 4K 120 FPS (4:2:0 8 bits en interne et 4:2:2 10 bits en externe).  
  • Nouvel écran dans le menu afin de configurer plus facilement les réglages vidéos (H264, H265, All-Intra, Long-Gop, ProRes en version HQ 4:2:2 et même LT). Tout est très configurable, même en interne ! 
  • BitRate à 120 Mbps. 
  • Rolling shutter en 4K 25 FPS, 50 FPS et 100 FPS. L’un des meilleurs sur le marché ! Il permet d’avoir des plans d’une excellente qualité, sans jamais se soucier des déformations ou des conditions d’éclairage. 
  • F-Log 2, une grosse nouveauté qui vous offre un stop de dynamique supplémentaire. C’est du costaud, on se retrouve presque avec une caméra de cinéma ! Le seul défaut du F-Log 2, c’est l’ISO de base à 1 250 qui oblige à mettre un filtre ND.  

À noter : en 4K 100 FPS, il n’y a pas d’audio comme on est sur un enregistrement grande vitesse. 

Pour aller plus loin : le test du X-H2s par Gerald Undone

Quelles sont les performances du X-H2s en vidéo ? 

Autofocus 

L’autofocus en vidéo profite lui aussi de la détection des sujets. Le problème, c’est qu’il n’y a toujours pas de tracking en vidéo. C’est ma plus grosse déception avec ce X-H2 ! Une incompréhension totale quand on voit les performances offertes en photo… 

En tout cas, l’AF en vidéo est largement meilleur que celui du X-T4 : la perte de mise au point est devenue vraiment rare et la vitesse de mise au point est beaucoup plus rapide. On a toujours quelques légers pompages qui polluent un peu les rushs, mais ils sont plus préjudiciables en photo qu’en vidéo. Mais l’avantage, c’est que tout ça reste encore améliorable via une mise à jour ! Comme la base est déjà très solide, rien n’est perdu. 

En gros, j’estime que sur 2 h d’enregistrement, il y aura peut-être 30 secondes de micro pompage. Si ça arrive au moment, c’est plus problématique… 

Stabilisation 

La stabilisation est légèrement meilleure que celle du X-T4. Elle semble sauter un peu moins, c’est quand même l’une des meilleures stabilisations du marché. C’est notamment bien mieux que ce que propose Sony.

Je n’ai pas de noté de wobbling ou autre phénomène bizarre, c’est vraiment du bon boulot !

Autonomie 

Le Fujifilm X-H2s utilise le nouveau modèle de batterie et les résultats sont au rendez-vous. J’ai pu enregistrer environ 1 h 40 de vidéo avec une seule batterie ! 

Et évidemment, n’oubliez pas qu’il y a un port USB-C pour alimenter le boîtier, avec la possibilité de brancher un ventilateur en USB-C (capable de tourner environ 3 à 4 h). 

En bref, on est sur un boîtier largement capable de tenir la cadence ! 

Port HDMI pleine taille

L’autre chose que j’ai adorée en vidéo, c’est l’utilisation du port HDMI pleine taille. Le viseur et l’écran continuent de fonctionnent en même temps, ce qu’on n’a pas sur un Nikon Z9 ou un Sony. Le X-H2s possède également un vrai port casque. Plus besoin d’utiliser un accessoire USB-C. 

Quelques défauts 

En photo comme en vidéo, le Fujifilm X-H2s souffre d’un manque d’évolution des menus. On garde les mêmes limitations qu’avec le X-T4 : 

  • Faible choix de collimateur (soit zone, soit large, c’est trop limité à mon goût). 
  • Absence de tracking
  • Pas de switch photo/vidéo, il faut aller fouiller dans les menus pour régler le mode PASM. 
  • Impossibilité de configurer les boutons indépendamment en photo et en vidéo. 

Je pensais que ces limitations allaient enfin être résolues avec cette nouvelle génération, mais ce n’est pas le cas… Un peu pénible !

À part ça, je trouve qu’il ne manque rien au mode vidéo, c’est presque un sans-faute : pas de surchauffe, autofocus en perpétuelle évolution, pas de limite de temps… La prestation offerte par le X-H2s va combler la majorité des vidéastes. C’est une énorme avancée pour Fujifilm dans l’univers de la vidéo  ! 💪

En conclusion

Fujifilm a vraiment repoussé ses limites avec ce X-H2s, qui devient le boîtier le plus haut de gamme de la firme japonaise. Les performances photo et vidéo sont très proches d’un Nikon Z9, et c’est plutôt flatteur ! La prestation délivrée est de haut niveau, c’est une excellente base pour cette nouvelle génération. Vivement les prochaines mises à jour… Certaines rumeurs circulent autour d’un meilleur support anamorphique et d’une nouvelle simulation de film. À suivre 😉

7.5/10

  • Capteur empilé
  • Autofocus ultra réactif
  • Viseur confortable
  • Mode vidéo ultra complet
  • Ergonomie un peu simpliste
  • Pas de tracking en vidéo
  • Pas d’évolution des menus 

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Damien BERNAL

Je m’appelle Damien BERNAL et j’ai créé ce blog pour partager ma passion avec vous.  Sony avec sa gamme Alpha a créé un univers très riche et nous allons l’explorer ensemble. Les articles sont la pour répondre à vos questions.

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3 réponses

  1. Merci pour le test.
    Difficile de choisir aujourd’hui entre un A7 IV et ce X-HS2 par exemple. Le prix des boitiers est quasi identique. Chacun à des specs alléchantes même si sur le papier le fuji me semble un cran au dessus. Reste la taille du capteur et surtout le parc optique… et là encore difficile de choisir.
    On trouve énormément de choses chez sony avec les constructeurs tiers et à des prix attractifs. Mais les nouveaux primes 1.4 de Fuji semblent vraiment sympa.
    Dur de départager pour moi qui cherche à migrer (éventuellement) de mon Nikon Z 6II. Peut-être attendre le Z6 III au risque d’être encore déçu…
    Je regrette que tu n’aborde pas trop le caractère des objectifs, leur personnalité. Sony a la réputation d’être assez clinique tandis que Fuji et les autres semblent avoir plus de personnalité, même si cela est discutable (je n’ai pas testé hélas).
    Un mot sur les fichiers RAW de Fuji par rapport à la concurrence?
    Une vidéo guide d’achat avant les vacances entre le A7IV et ce X-HS2 ?
    Amitiés de Nouvelle-Calédonie 😉

  2. Bonjour Damien, et un grand merci pour ton implication dans ces tests (pas que le X-H2S !)
    Ma question porte sur l’option « pre-shot » du X-H2S qui autorise une mise en mémoire tampon de ce que voit le capteur lors de la demi-pression sur le déclencheur, le déclenchement complet enregistrant alors les « dernières » images précédant cet instant.
    Peux-tu nous dire combien d’images sont ainsi mises en mémoire (ou la durée de ce buffering), combien vont sur la carte, et si ce nombre varie selon les paramètres de PdV, cadences notamment … ?
    Merci encore et à bientôt je n’en doute pas, sur le boîtier finalisé.
    Bien à toi,
    JPierre

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