Tamron vient de sortir son premier objectif compatible avec la monture Fujifilm : le 18-300 mm f3.5-6.3. C’est une très bonne nouvelle, d’autant plus que c’est un objectif qui n’existait pas chez Fujifilm. Avec une telle plage focale, ce zoom doit vous permettre de tout faire, sans jamais changer d’objectif. De nombreux constructeurs se sont déjà essayés à faire ce genre d’objectifs, mais ils ont souvent regretté. Est-ce que Tamron va relever le niveau ? Faut-il faire des compromis avec ce 18-300 mm ? Parlons-en dans ce test complet du Tamron 18-300 mm f3.5-6.3 ! 

Test Tamron 18-300 mm f3.5-6.3 en vidéo

 

 

Les caractéristiques du Tamron 18-300 mm f3.5-6.3 

Fiche technique

À première vue, la fiche technique est assez impressionnante :

  • Type de monture : Fujifilm X 
  • Dimensions : 125 x 75 mm (longueur x diamètre) 
  • Poids : 620 g 
  • Ouverture maximale : f/3.5
  • Ouverture minimale : f/22
  • Diaphragme : 7 lamelles 
  • Construction optique : 19 lentilles réparties en 15 groupes 
  • Rapport de reproduction : 1:2 
  • Distance de mise au point minimale : 0,15 m à 18mm et 0,99 m à 300mm 
  • Diamètre du filtre : 67 mm
  • Tropicalisation : oui 
  • Stabilisation : oui 
  • Pare-soleil : inclus dans la boîte et amovible 
  • Prix : 799 €

Présentation physique

Cet objectif propose un zoom externe, et pas juste un petit zoom ! Un 18-300 mm, c’est un équivalent 27-450 mm en plein format, c’est absolument dingue. 

Comme souvent chez Tamron, l’objectif est conçu en polycarbonate, un plastique très haut de gamme qui vieillit bien. C’est aussi durable que du métal, je valide ! Pour le reste, la construction reste assez typique : 

  • Le zoom se fait avec une bague de zoom bien souple.
  • La bague de mise au point est parfaitement ajustée.
  • Il n’y a pas de boutons, sauf le bouton de verrouillage pour empêcher que l’appareil se déplie.

Rien à signaler ! 

Sa taille est raisonnable, même quand on le compare au XF 16-80 f4 et au XF 70-300 mm de chez Fujifilm. Il fait exactement la même taille que ce dernier, sauf qu’il combine les focales de ces deux objectifs ! Alors certes, il est moins lumineux et il débute à 18 mm et pas à 16 mm, mais sa taille est tout à fait correcte. 

Comparaison de la taille avec le XF 16-80 (gauche), le Tamron 18-300 (milieu) et le XF 70-300 (droite)

Test des performances optiques du Tamron 18-300 mm 

Avant de commencer, sachez que pour tester un objectif comme ça, il faut faire des milliers de photos. C’est assez costaud et j’ai fait du mieux que j’ai pu pour vous proposer un test complet qui ne soit pas imbuvable non plus ! Allez, c’est parti. 🔥

Exemple de photos qu’il délivre 

Voici une petite sélection de photos réalisées au début du test, avant les photos de mire. Mes premières impressions : j’étais étonné du résultat, la qualité est très bonne ! 

 

En zoomant dans cet arbre pris à 50 mm, la différence de contraste ne se voit pas vraiment par rapport aux objectifs Fujifilm

Photo prise à 300mm, le piqué est très bon.

Objectif avec lequel vous pouvez tout faire, y compris du portrait.

Bref, le piqué est dingue, surtout venant d’un objectif de cet acabit-là. 

Analyse du piqué 

J’ai attaqué les tests plus techniques avec un a priori plutôt positif sur cet objectif. 

À 18 mm 

Au centre à pleine ouverture, le piqué du Tamron n’a vraiment pas à rougir face à d’autres objectifs. C’est très qualitatif ! Il n’y a que sur les côtés et les extrêmes que c’est moins bon, et ça va être le cas à quasiment toutes les focales. 

À 35 mm 

35 mm au centre

35 mm sur les côtés

Toujours la même sensation : le piqué est irréprochable au centre, sans grande différence avec un objectif Fujifilm. Sur les côtés, il est moins extraordinaire. Il faut fermer de 2 stops (à f/8 et f/11) pour regagner plus de détails sur les extrêmes. 

À 70 mm 

70 mm sur les côtés

À 70 mm, c’est pas si mal, y compris sur les côtés quand je ferme un peu l’ouverture. 

Proxy-macro 

En proxy-macro, le piqué est également au rendez-vous. Il y a énormément de détails dans cette fleur, même en étant à f11.

Quelles sont ses meilleures plages focales ? 

Finalement, j’estime que la meilleure plage focale de cet objectif est située entre 35 mm et 200 mm. Dans cette plage focale, le piqué est très bon, je n’ai pas grand-chose à lui reprocher. Il faiblit un peu plus à 300 mm, la qualité n’est pas la même qu’à 200 mm. Malgré tout, ça reste amplement suffisant. C’est même comparable à ce qu’un objectif Fujifilm propose, donc plutôt étonnant pour un objectif avec une telle polyvalence !

Le compromis à accepter, c’est d’avoir un piqué extraordinaire au centre mais un peu moins sur les côtés. Pour un objectif fait pour le voyage comme celui-ci, c’est un compromis que j’accepte les yeux fermés. 

Bokeh 

Belle séparation des plans à 300mm f/6.3

Le bokeh de ce Tamron est vraiment superbe : ni trop nerveux, avec un joli contraste et beaucoup de douceur. À 300mm f6.3, vous obtenez une belle séparation des plans sans aucune difficulté (malgré l’ouverture pas si lumineuse que ça). 

Autofocus

Là, je l’attendais au tournant ! J’avais un peu peur comme c’est le premier objectif que fait Tamron pour Fujifilm, mais je suis plutôt satisfait. 

Quels que soient les tests, l’autofocus marche très bien. Il ne rate pas sa cible et suit très bien les mouvements, peu importe la focale. J’ai obtenu des taux de réussite dans les plus hauts que j’ai pu avoir sur des objectifs Fujifilm. Encore un point sur lequel le Tamron 18-300 mm ne me déçoit pas ! 👏

J’avais même parfois l’impression que c’était le boîtier qui limitait l’autofocus. Comme c’est un objectif qui est aussi compatible avec la monture Sony (son AF reste très bon sur un Sony), il en a encore sous la pédale ! Il est fait pour s’adapter aux prochains boîtiers Fujifilm, et ça c’est vraiment un bon point. 

Mode vidéo 

En vidéo, tout fonctionne très bien. L’autofocus est toujours aussi réactif, même sur un passage du close-focus au phare-focus. Pas de pompage, mise au point recalculée en permanence… Une réussite ! C’est simplement un peu plus lent à 300 mm quand vous passez d’une distance à une autre. Le boîtier galère un peu plus à f6.7, on sent que ça se fait étape par étape. 

Comme toutes mes vidéos étaient à main levée, j’en ai profité pour tester la stabilisation. Et encore une fois, rien à dire ! Tout fonctionne très bien. 

Bref, je suis très content de l’autofocus, aussi bien en photo qu’en vidéo. Même chose pour la stabilisation ! La compatibilité générale de l’objectif avec le système Fuji est impressionnante, on dirait que Tamron fait ça depuis toujours. 

Défauts optiques 

Un autre point qu’on peut craindre avec ce genre d’objectif, c’est la gestion des défauts optiques. 

Aberrations chromatiques

Zoom à 1200 % pour que l’aberration soit visible, Tamron 18-300 mm (gauche) vs XF 16-80 (droite)

Concernant les aberrations chromatiques, je n’ai pas été choqué. Alors c’est sûr que si vous zoomez à 900 % en étant dans les pires conditions (comme sur cette plaque d’immatriculation), vous allez forcément en trouver un peu plus que sur une optique Fujifilm. Pour autant, ce sont vraiment de toutes petites aberrations chromatiques de 1 ou 2 mm seulement. Elles sont présentes mais s’enlèvent facilement sur un logiciel de post-traitement. Pour moi, ce n’est vraiment pas un problème. Ce Tamron 18-300 offre une bonne prestation. 

Vignettage 

Le vignettage aussi est plutôt contenu, rien de choquant. Il est un peu plus présent à 300 mm qu’au début, mais il disparaît dès que vous fermez d’un stop. Pas de problème majeur à signaler ! 

Flare

Le niveau de flare est très habituel, il y en a un peu à 18 mm selon l’endroit où le soleil est placé. Quand vous êtes à f8, f11 ou f16, vous pouvez donc avoir un peu de flare mais rien de dramatique !

Distorsion

Sur ce genre d’objectif, il faut par contre s’attendre à avoir pas mal de distorsion. On retrouve à la fois une distorsion en barillet assez présente et une distorsion en coussinet qui ne disparaît pas vraiment, même si elle est facile à corriger. La correction de la distorsion peut aussi abîmer le piqué, c’est à prendre en compte. Pour autant, j’ai déjà vu une distorsion largement pire sur des zooms comme celui-ci ! 

Soleil en étoile

À 18mm f16, vous allez pouvoir faire de beaux sunstar, ça fonctionne plutôt bien ! 

Bilan des performances optiques du Tamron 18-300 mm f3.5-5.6 

Une très bonne surprise ce Tamron ! C’est un objectif assez compact pour ce genre de focale, qui n’est certes pas le plus lumineux de sa catégorie, mais qui est bourré de qualités. Mais si vous voulez l’objectif le plus homogène, ce n’est pas forcément vers lui que vous devez vous tourner. 

Pour moi, il n’est pas fait pour ça. Il offre des compromis qu’il faut accepter, mais j’ai rarement vu un objectif aussi qualitatif dans le genre 18-300 mm. Vous avez 2 objectifs en 1, et ça, c’est une mission très difficile à réaliser pour les constructeurs. Chapeau !

Comparaison avec le Fujifilm XF 16-80 mm f4 et le XF 70-300 mm 

Avec son XF 18-135mm, Fujifilm s’était un peu cassé les dents. Comme c’est difficile d’offrir une qualité parfaite avec ce genre de plage focale, j’étais curieux de voir comment cet objectif Tamron allait se comporter face au XF 16-80 mm f4 et au XF 70-300 mm f4-5.6. 

LE XF 16-80 mm f4 plus lumineux et plus homogène 

Les différences ne sont pas énormes, surtout en regardant au centre. Le Tamron est presque un chouïa meilleur. Il n’y a qu’en allant sur les côtés que le Tamron est moins bon. Le Fujifilm 16-80 fait mieux en termes d’homogénéité, c’est assez évident. 

Avec le XF 70-300mm, un piqué au centre comparable 

Au centre

Sur les côtés

Avec le 70-300, j’en arrive aux mêmes conclusions : le piqué est plutôt comparable au centre et la différence se ressent surtout sur les côtés. 

Tamron à gauche, Fujifilm à droite

En passant à 300 mm (f6.3 sur le Tamron et f5.6 sur le Fujifilm), j’ai trouvé que le piqué du Tamron était supérieur au Fujifilm. C’est la bonne surprise de ce comparatif ! Ça montre bien que ce Tamron est loin d’être un cul-de-bouteille face au Fujifilm. 

Je dois même avouer qu’il y a eu plus de déchets autofocus sur les objectifs Fujifilm que sur le Tamron. J’avais déjà eu quelques soucis d’autofocus durant le test du XF 70-300 mm, et c’est de nouveau confirmé. 

Le résumé du test du Tamron 18-300 mm f3.5-6.3 

Tamron frappe un grand coup avec son 18-300 mm. Si vous cherchez un objectif à tout faire pour l’emmener dans toutes les situations, c’est celui qu’il vous faut ! 

Alors je ne vais pas vous mentir, il existe de meilleurs objectifs. Le problème, c’est qu’il faudra en prendre deux ou trois dans le sac pour avoir cette même plage focale. À ma connaissance, il n’existe donc aucun autre objectif aussi qualitatif que le Tamron sur une plage focale aussi étendue. 

Ce que vous propose Tamron est assez unique. La prestation est très bonne, aussi bien en photo qu’en vidéo : 

  • L’autofocus ne vous lâchera pas. 
  • Les défauts optiques sont bien maîtrisés.
  • Le rapport de grossissement de 0,5 mm est parfait pour de la proxy-macro.
  • La prestation est meilleure que le 18-135 mm de chez Fujifilm.
  • Il y a la stabilisation et la tropicalisation. 
  • Le prix de 799 € est plus que compétitif.

Bref, il coche presque toutes les cases, surtout pour un 18-300 mm ! Pour moi, ce Tamron va faire un carton dans la communauté Fujifilm. 

Alors, c’est un Go ou un No-Go pour vous ? 

Si vous craquez pour ce Tamron 18-300 mm, n’hésitez pas à l’acheter sur la boutique IPLN avec mon code créateur « Damien ». C’est une manière toute simple de soutenir mon travail ! Encore un grand merci au magasin IPLN qui me prête les objectifs pour que je puisse faire tous les tests.