Avec le X-S10, Fujifilm propose un boîtier milieu de gamme aux performances étonnantes. Stabilisation 5 axes, nouvelle ergonomie, compacité, amélioration de l’autofocus… Une vraie petite révolution dans l’univers des APS-C. Mais que vaut-il vraiment sur le terrain ? La réponse dans ce test complet du Fujifilm X-S10 ! 

Si vous les avez ratés, voici les articles complémentaires pour aller encore plus loin :

 

Le test du Fujifilm X-S10 en vidéo

 

Caractéristiques du Fujifilm X-S10 

Commençons par la fiche technique et les spécificités du X-S10. 

  • Capteur : APS-C de 26,1 Mpx 
  • Stabilisation : 5 axes 
  • Viseur : électronique 
  • Écran : tactile 
  • Taille de l’écran : 7,6 cm 
  • Sensibilité ISO : 160 – 12800 ISO
  • Flash : oui 
  • Autofocus : système à détection de phase 
  • Mode vidéo : 4K, 30 i/s 
  • Tropicalisation : non 
  • Dimensions : 85.1 x 126 x 65.4 mm
  • Poids : 465 g

Son positionnement dans la gamme Fujifilm 

Ce X-S10 est un vrai petit X-T4 sans la tropicalisation, la 4K 60 FPS et la nouvelle batterie. C’est finalement un X-T4 plus compact, avec un meilleur grip et une ergonomie PASM. Fujifilm a réussi à bien équilibrer les choses puisque ce X-S10 vient se positionner entre le X-T4 et le X-T30. 

X-T4 à gauche

Les meilleurs objectifs à utiliser avec le Fujifilm X-S10 

Grâce à sa poignée, ce X-S10 s’adapte à tous les objectifs de la gamme Fujifilm. Il reste très confortable à utiliser, même avec des objectifs énormes que je n’aurais jamais osé mettre sur un X-T30. 

J’ai surtout utilisé le XF 16-55 f2.8 et le XF 50-140 f2.8. L’ensemble formé était cohérent et le grip rend l’utilisation agréable (pourtant je m’en suis servi pendant des heures). 

Une nouvelle ergonomie 

Les adeptes de reflex ou de micro 4/3 vont être ravis, ce X-S10 reprend l’ergonomie traditionnelle avec les molettes PASM. 

Compacité et prise en main 

Avec ce boîtier, on est quasiment sur le prototype même de l’appareil photo parfait. Je n’avais jamais eu une si bonne prise en main. Jusqu’à présent, c’était le X-H1 qui avait le monopole de la meilleure ergonomie. Le X-S10 offre exactement la même prise en main, sauf que j’ai l’impression d’être sur un reflex. Un hybride doit rimer avec compacité, mais pas au détriment de la prise en main. Et c’est ce que j’ai vraiment aimé sur ce X-S10 ! 

Le seul petit défaut, c’est l’emplacement de la carte SD à côté de la batterie. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique, mais ça reste du détail. 

Molette des modes PASM 

Sur le X-S10, fini l’ergonomie phare de chez Fujifilm. On oublie les multiples molettes pour régler le triangle d’exposition et on retrouve la célèbre molette PASM. Le constructeur a également rajouté deux éléments très pratiques : 

  • Un bouton d’enregistrement qui permet de lancer automatiquement une vidéo depuis le mode photo ; 
  • Les modes personnalisables C1, C2, C3 et C4 pour enregistrement une configuration et gagner en réactivité sur le terrain.

Malheureusement, cette molette s’applique uniquement au mode photo. On ne peut pas régler de mode personnalisable vidéo ou activer le mode A en vidéo. C’est un peu dommage, d’autant plus que Fujifilm avait fait le bon choix sur le X-T4 en séparant les modes photo et vidéo. 

Connectique 

Cet appareil a tout d’un grand. Prise USB-C pour charger la batterie ou alimenter une batterie externe, port HDMI, port micro, plateau de trépied (qui ne gêne pas la batterie comme sur le X-T4)… Il ne manque rien ! Contrairement au X-T30, on peut l’utiliser comme n’importe quel gros boîtier, et c’est un vrai plus !

Petit bémol toutefois : il n’y a qu’un seul slot de carte SD. Si vous êtes un photographe professionnel et que vous faites du mariage ou du baptême, vous risquez d’être limité. Vous n’aurez pas la possibilité de sauvegarder votre travail et de vous prémunir d’un éventuel problème de carte SD. En plus, c’est un port UHS-I, donc un peu plus lent qu’un UHS-II. Il n’y a qu’en rafale que c’est un peu juste, mais pour du format RAW, l’UHS-I est confortable. 

Une meilleure autonomie que le X-H1 

Sur ce point, le X-T4 garde l’avantage puisque le X-S10 n’a pas hérité de la nouvelle batterie. Voici les résultats que j’ai obtenus : 

  • En 1080p et en 4K 25 FPS, le X-S10 a tenu 1 h alors que le X-H1 est mort au bout de 50 minutes. Le X-T4 a pu filmer pendant 2 h. 

Avec le X-S10, j’ai eu un problème de surchauffe au bout d’une heure. En cas de surchauffe, il faut attendre environ 15 minutes pour laisser l’appareil refroidir. Donc si vous avez prévu de filmer pendant plusieurs heures, vous risquez d’être embêté. 

Pour autant, un si petit boîtier capable de filmer pendant 1 h en 4K 25 FPS, c’est une très belle performance ! 

La réactivité de la mise au point 

En mode rafale 

Sur une série de 39 photos en JPEG, j’ai obtenu 60 % de photos réussies et 40 % qui étaient légèrement floues. Et pourtant, c’était sur un sujet exigeant pour l’autofocus : mon chien qui court vers moi. Il n’y a pas mieux pour mettre l’AF à l’épreuve ! 

En bref, l’autofocus répond bien, sans être totalement irréprochable. Mais pour cette gamme de prix, c’est vraiment ce qui se fait de mieux sur le marché. 

Détection des yeux et des visages 

La détection des yeux et des visages marche plutôt bien, comme on en a l’habitude chez Fujifilm. Ce n’est pas aussi parfait que sur un Sony, mais c’est suffisant la plupart du temps. Le X-S10 dispose également d’un mode de suivi, le même tracking que sur le X-T4. 

L’autofocus en vidéo 

L’autofocus est complet, aussi bien en photo qu’en vidéo. Il y a juste un léger pompage, mais qui peut difficilement être évité sur ce type de boîtier. 

Que vaut la stabilisation sur un si petit boîtier ?

Le X-S10 inaugure la plus petite unité de stabilisation jamais mise par Fujifilm. Par rapport au capteur du X-T30 ou du X-T3 qui ne sont pas stabilisés, on voit clairement la différence. Sur un plan fixe, le résultat est parfaitement utilisable sans avoir besoin de passer en post-traitement. Même chose pour les plans vidéo, l’image est bien stable. 

Alors évidemment, la stabilisation n’est pas parfaite (notamment à cause des soucis de wobbling), mais elle fait très bien le job ! 

Est-ce que le X-S10 enterre le X-H1 ? 

Vous êtes nombreux à m’avoir posé cette question. Et sans surprise, le X-S10 dépasse largement le X-H1. La stabilisation est aussi bonne alors que le boîtier est beaucoup plus petit et qu’il y a toutes les fonctions du X-T4. Pour moi, il n’y a plus de raisons d’acheter un X-H1, sauf si vous voulez 2 ports de cartes SD et la tropicalisation. 

Les défauts du Fujifilm X-S10 

L’appareil photo parfait n’existe pas, donc voici les petits points faibles du X-S10 : 

  • Il n’est pas compatible avec un grip de batterie ; 
  • Le viseur est un peu petit et risque d’être étroit si vous portez des lunettes ; 
  • Pas de possibilité de filmer en H265 et ALL INTRA ; 
  • Le temps d’enregistrement est toujours limité à 30 minutes (c’est tout de même une belle progression puisqu’on était limité à 15 minutes jusqu’à présent) ; 
  • Pas de tropicalisation, mais ce n’est pas forcément utile si vous habitez en France (les conditions d’humidité et de température sont très bien tolérées par le boîtier) ; 
  • L’obturateur mécanique est limité à 1/4000e, mais comme l’obturateur électronique monte à 1/32 000e, vous n’allez pas être embêté ; 
  • La vitesse de synchro flash est un peu inférieure à celle du X-T4. 

Le bilan du test du Fujifilm X-S10 : l’hybride de référence à moins de 1 000 € 

Avec ce nouveau boîtier, Fujifilm a eu d’excellentes idées. Le X-S10 allie beaucoup de qualités : petit, pas cher, confortable, autant de fonctionnalités que le X-T4… Il possède tout ce que Fujifilm sait faire de mieux. On est vraiment sur le meilleur choix du marché dans cette gamme de prix. Aucune hésitation à avoir, vous pouvez y aller les yeux fermés ! 

Et pour vous, réussite ou échec ? 

Si vous venez tout juste de l’avoir entre les mains, pensez à la masterclass du X-S10. Encore mieux qu’un manuel, vous allez apprendre à maîtriser votre appareil en un rien de temps !